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Pour lire l'interview orchestrée par Laure Mezarigue, faire un clic sur son visage. Je suis extrêmement flattée et rouge de confusion...Votre avis sera le bienvenu; ses questions m'ont passionée...
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Rédigé à 23:48 dans Art, Cinéma, Gastronomie, Jeux, Livres, Mode, beauté, Musique, Peinture, Photo, Voyages, Weblogs | Lien permanent | Commentaires (0)
Encore un "coup" d'Inze. J'ai pas pu résister.
Cette semaine, j'ai parcouru quelques fils de discussion Facebook qui m'ont encore fait proférer des menaces de démission. J'en ai pris plein la gueule parce que j'ai répondu. J'ai aussi lu un appel au secours, qui décrivait très bien la situation, et c'était si facile d'y ajouter des mots pour que la personne ne se noie pas, débordée par les coups bas de ce pays de cons. Je lisais "Courage ma belle", en copier/coller sur l'équivalent d'une page de Macbook, comme si on lui délivrait, de si bon coeur, la seule cure qui soit.
Aujourd'hui, je lis la note d' @Inzecity et, moi-même je me raccroche à la vie. J'avais un peu de peine, ces temps-ci. Putain quelle joie d'imaginer, par le biais de la qualité de ses mots, qu'il existe encore de beaux textes, que quelques impatiences vont voir le jour entre deux cailloux, que certains chais abritent des meilleurs crus, dans le secret.
Lire en-dessous et faire un clic sur la meuf armée, comme d'hab:
Parlons chiffons. La Fashion Witch est terminée, les collections prêt-à-porter printemps-été sont en magasins et il vous tarde de refaire votre dressing en dépensant la quasi totalité de vos économies pour acquérir toutes les new tendances de la mode qui feront de vous un individu socialement accompli.
via www.inzecity.com
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Faire un clic sur le livre
J'aime bien les avant-premières. Les "avant" et les "premières". J'adore être première, mais j'aime encore mieux le spectacle que m'offrent les visages de ceux qui franchissent la ligne, quand je suis de sortie pour assister à une course.
J'avais choisi des souliers plats, couleur "sienne" pour être raccord avec la terre, parce que j'ai un équilibre tout ce qu'il y a de plus bancal. Je craignais d'y faire de la casse...
Philippe Berry m'avait conviée à son atelier d'art. Ne pas sortir le grand jeu. C'était pas un rencard. Ne maquiller que les yeux, pour faire tout de même un petit peu mouche. Poudrer le nez, à peine, s'habiller ample, mais dévoiler la jambe, de la cheville au genou. Ca donnait une indication, la démarche, même incertaine: si on a de longs membres inférieurs, on livre de sacrées informations sur les trajets qu'on est prêt à faire et ça en touche un mot niveau endurance. Et cette apparence, ça voulait dire J'habite pas la porte à côté, j'habite au diable, alors si je suis venue, c'est parce que renifler des tubes et me poudrer le nez aux étoiles d'un atelier de peinture, c'est bon pour ce que j'ai. Une cure, je vous dis.
Les années 30. Ca donne le ton. J'apprends que c'est la période de construction de son immeuble. Premier frisson. J'ai dix ans. Philippe est charmant. Mais pas le charmant qui charme; le charmant qui a refusé le statut de Prince, comme on refuse un Goncourt, comme on ne court pas après un César, alors on entend tous les ans Il semblerait que le lauréat ne soit pas dans la salle... et ce sont bien les seuls endroits où les absents n'ont jamais tort. Y a qu'à voir l'hommage qu'on rend aux acteurs morts ces soirs-là, comme si on découvrait leur talent, et celui d'autres, le temps très symbolique d'un diaporama.
On a papoté, j'ai dû lui paraître cruche, mais alors cruche, avec mes WoW récurrents, mais comme j'avais vu "Un automne à New-York" avec Richard Gere et Winona Ryder, et que ses WoW à elle, ça le faisait sourire, je prenais peu de risques. Un WoW bien placé, même répétitif, c'est ultra féminin. J'avais seulement oublié que je m'appelais Martine. Au trentième WoW, je reconnais, il doit falloir s'accrocher aux branches...
Philippe me fait faire le tour du propriétaire, et quand je dis le tour, je suis dans le vrai. Le local occupe une superficie démente et l'entrée rejoint la sortie. Et vice versa si on s'y retrouve avec une boussole, mais quelqu'un peut-il m'expliquer comment on distingue le nord du sud! On peut y faire des cercles d'appartement à l'infini. Ce que j'y ai vu, j'aurais tendance à le garder au chaud pour la saison d'hiver, et je le consignerais au frais si l'été menaçait d'être torride. Je suis riche de senteurs que j'avais imaginées, pas très éloignées des fragrances du cèdre, mais ce bois aurait fricoté avec des mélanges acryliques. Un trafic, un adultère de substances un peu louches, celles-là même qui, finalement bien mariées, fabriquent en bouts de doigts des merveilles sans nom...J'ai vu des sculptures nées de ses mains...et j'ai aussi pénétré l'antre de pièces qui n'amusent probablement pas les filles, et comme je les plains: des endroits plus petits que les autres, moins lumineux, qui hébergent à l'année des tonnes de souvenirs et des tonnes d'accessoires en rangées, comme s'il avait décidé de conserver ses palettes, ses pinceaux, ses truelles, ses engins pour trouer, percer, trancher dans le vif, pendant des millions d'années. Eh bien moi je dis, même si je ne sais pas calculer, que seulement 0,8 % des reliques font le guet pour veiller sur les objets de valeur. Le reste, tout le reste, se trouve ailleurs...Dans l'âme des pinceaux de soies de porc, dans celle des outils qui auront donné forme humaine à des blocs de matière que Philippe imaginait déjà vivante. Me croirez-vous, le spectacle de ce matériel aligné sans méthode, c'était en soi une des plus belles oeuvres. Quant aux plus belles sculptures, elles sont exposées dans des lieux de prestige.
Le matériel le plus utilisé se trouve au bout de ses mains. Plutôt pratique, chez un artiste dont j'ai cru comprendre qu'il s'agissait d'avancer....
Le paradoxe est de taille. Ce thème qui, justement, semble motiver l'ensemble de son art, c'est l' Enfance. Au sens très large, croyez-moi. Il ne s'agit pas d'un oeil furtif et démago sur les années sereines pour s'en servir et nous vendre du nacré, du coloré plein pot, à grands coups de pinceaux grossiers. Non, on est plongé dans notre passé, parce qu'en visitant le sien, fatalement, on y retrouve des références. Question de parfums, question de mots...question de vérité. Là est le sujet, non? On n'a pas forcément eu les mêmes coffres à jouets, on n'a certainement pas pleuré dans les bras des mêmes peluches, mais on a senti les mêmes odeurs, aux mêmes moments, aux goûters de quatre heures.
Alors comme je voulais photographier chaque recoin de l'atelier pour traquer le Nutella et les tartines beurrées, j'ai cliqué à tout va. Oui. Oui, seulement, voilà, je suis piètre photographe d'intérieur. Pardonnez ma prétention mais en extérieur, j'excelle. Alors j'ai shooté à tout va, va savoir, on peut caresser l'espoir. Le résultat a été très exactement à la hauteur de ce que j'estimais, au rythme des flash, quand je me disais Un seul cliché réussi et je revis. J'en ai "réussi" quelques uns, mais le mot Réussir, pour un photographe digne du nom, consiste d'ordinaire à traduire en image le travail de l'artiste. Loupé, j'avais magnifiquement bien traduit mon travail à moi. Et ça, c'est pêcher.
Le livre de Marcelin Pleynet "PHILIPPE BERRY SCULPTEUR" sort en décembre. J'ai le grand plaisir d'en posséder un exemplaire, c'est un cadeau de bon ton, signé par l'artiste. Je l'ai lu. L'écrivain que je suis ne vous dévoilera aucun extrait de l'ouvrage, il vous faudra attendre six mois pour l'acquérir ou l'offrir. Ce que j'en dis, moi, après lecture? C'est que dans tous les cas, je l'aurais acheté. La facture est magnifique, chaque page est un bijou. Une nourriture.
Où tous les sens de l'art se rejoignent, littérature, image, sculpture, peinture, laissant fumer avec une ironie de bon goût, au passage, le pain brioché oublié dans le four.
Merci Philippe,
Martine
PHILIPPE BERRY SCULPTEUR de Marcelin Pleynet - Les irréguliers, éditions de la Différence, 30 euros.
Rédigé à 22:02 dans Actualité, Art, Livres, Peinture, Photo | Lien permanent | Commentaires (0)
J'avais 18 - 20 ans. J'étais blonde, mais alors blonde...Je faisais moi-même ma couleur et ne me limitais pas aux racines, j'éclaircissais les longueurs, sans crainte aucune pour la santé de mes cheveux. Plus ils étaient blonds, plus la mienne était bonne.
Du jour au lendemain, je changeais de couleur, coupais court, l'expression "se chercher" avait été inventée pour moi, et je me plaisais à le dire. Je lisais les magazines 20 ans, Jacinte, Biba et, dans un style plus déjanté, en cachette, le fameux Façade.
Le mensuel 20 ans présentait à chaque numéro son élue, "La 20 ans du mois". J'ai envoyé mon profil par courrier, la réponse n'a pas été longue, on m'appelait pour une interview. Quels seraient mes goûts, comment allais-je préparer mon avenir, etc...Mais la seule question pour moi, c'était celle que je me posais au quotidien, et dont j'avais la réponse: j'allais rougir, à n'en pas douter, comment faire pour masquer la couleur des joues et les yeux qui larmoient l'air de dire Par pitié, laissez-moi fuir? Je me suis rendue à l'entretien aussi masquée que pour un Carnaval, fardée, emplâtrée, on aurait mis un doigt sur mon front on y aurait décelé un grain de peau gras et épais. J'ai mis des Wayfarer sur mon nez
avec la décision sans appel de ne pas les quitter. On aura recueilli mes propos dans un flou sans nom, et la journaliste n'aura eu aucune indication sur la couleur de mes yeux #shame...
La suite est assez classique, et assez magique, oui, mais pour le mois poussive. Une agence de mannequins m'embauchait (Katys' models==> Beauties), tenue par Catherine, la maman de Vanessa Demouy. Martine était un prénom assez peu vendeur, je devenais Anaïs, Catherine était inspirée...
Très petite "carrière" mais press-book magnifique, lourd, riche. Ces quelques clichés ont une trentaine d'années...Je prends le risque, la comparaison de la profondeur des rides est aisée...Oh, et puis non, on est jeune, puis on l'est un peu moins, mais alors c'est pas moi qui vais faire des complexes. Besoin d'un petit rétroviseur, l'espace d'une petite heure. Petite, hein, l'heure...
Rédigé à 15:41 dans Photo | Lien permanent | Commentaires (1)
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